Lutte contre les nématodes et les cestodes des carnivores domestiques
Le présent article propose quelques repères de bonnes pratiques pour le traitement et la prévention des infestations parasitaires chez les chiens et les chats. L’article se focalise surtout sur les infestations qui provoquent non seulement des symptômes graves chez les chiens et les chats, mais constituent également un risque zoonotique important pour l’homme. Quelques mesures préventives sont en outre décrites pour prévenir la dirofilariose. En Belgique, ces mesures ne concernent que les animaux qui partent avec leur propriétaire dans des régions endémiques.
Ces recommandations sont basées sur la Directive 1 « Lutte contre les nématodes et les cestodes des carnivores domestiques » de l’ESCCAP (European Scientific Counsel Companion Animal Parasites) (http://www.esccap.org/102/Guidelines/Français.htm).
Facteurs prédisposant à une infestation parasitaire
- L’âge. Les jeunes animaux (< 1 an) sont plus souvent porteurs d’infestations patentes à Toxocara.
- La gestation (les chiennes gestantes peuvent transmettre T. canis in utero) et la lactation (Toxocara spp. chez les chiens et les chats).
- Chenils, asiles, les animaux vivant en collectivité, les chats errants,...
- Consommation de proies sauvages, de viande crue et de viscères,... (Toxocara spp., Taenia spp., Echinococcus spp.)
- Séjour dans des régions endémiques (Echinococcus spp., ver du coeur).
Ascarides et ankylostomes
Les ascarides et les ankylostomes sont présents dans tous les pays européens. Ce sont surtout les jeunes animaux (< 1 an) qui en excrètent les œufs. Les ascarides du genre Toxocara sont assez fréquemment observés chez les chiens en Belgique, mais la prévalence de Toxascaris et des ankylostomes est faible (Claerebout et al., 2009). L’espèce Ancylostoma caninum n’est observée que dans les pays chauds (entre autres l’Europe du Sud) et n’apparaît donc en Belgique que sous forme importée.
Espèces importantes: Toxocara canis (Ca), T. cati (Fe), Toxascaris leonina (Ca, Fe), Ancylostoma caninum (Ca), Uncinaria stenocephala (Ca)
Vu leur prévalence importante et le risque zoonotique lié aux ascarides, il est préférable de traiter tous les chiens et chats de manière préventive.
Jeunes Ca et Fe |
Chiots: à l’âge de 2, 4, 6 et 8 semaines, puis tous les mois jusqu’à l’âge de 6 mois |
Ca et Fe adultes |
- Traiter 4 x/an |
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Traiter simultanément les animaux (Ca en Fe) vivant en collectivité. |
Produits |
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Risque pour l’homme |
Toxocarose (larva migrans)! |
Dipylidium caninum
Les hôtes cibles de Dipylidium caninum sont les chiens et les chats, contaminés par ingestion orale d’hôtes intermédiaires (puces contaminées). La prévalence des puces étant élevée, celle de Dipylidium l’est également.
Prévention |
Contrôle des ectoparasites: prévention anti-puces! |
Traitement |
Praziquantel, nitroscanate (chien). |
Risque pour l’homme |
Ingestion accidentelle par de jeunes enfants d’une puce contaminée. |
Echinococcus
- L’espèce Echinococcus multilocularis est surtout présente en Europe centrale et de l’Est. La Belgique se situe à la frontière ouest de la zone de diffusion. On observe une prévalence élevée d’E. multilocularis chez les renards en Wallonie, et une faible prévalence en Flandre (Vervaeke et al., 2003, Losson et al., 2003, Vervaeke et al., 2006; Hanosset et al., 2008). Dans les zones d’enzootie, seul un petit pourcentage de chiens et de chats s’avère généralement positif.
- L’espèce Echinococcus granulosus est surtout présente dans le Sud de l’Europe. Le renard et le chien en sont les hôtes cibles, les herbivores et omnivores les hôtes intermédiaires.
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Les chats étant des hôtes moins adaptés pour ces parasites, ils ne constituent qu’un risque minimal pour l’homme. |
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Risque pour l’homme |
Kystes d’Echinococcus dans le foie et autres organes. |
Ver du coeur - Dirofilaria immitis
La dirofilariose (Dirofilaria immitis) est endémique en Europe du Sud et de l’Est, aux Etats-Unis et dans les régions (sub-) tropicales. Le parasite est transmis par des moustiques (Culicidae).
Prévention |
Il est recommandé de laisser son chat ou son chien chez soi lors d’un départ en voyage vers une région endémique. |
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Chez les chiens ayant pu entrer en contact auparavant avec l’espèce D. Immitis, il convient de démontrer l’absence du parasite (+/- 6 mois après l’infection, on peut déceler dans le sang des microfilaires ou des antigènes liés à la présence de vers adultes) avant d’instaurer un traitement préventif. |
Risque pour l’homme |
L’homme peut être infecté suite à la piqûre d’un moustique infesté. Généralement, l’infection est asymptomatique. |
Plus au Nord (e.a. la France entière), on observe également l'espèce Dirofilaria repens. L’infection à Dirofilaria repens évolue généralement de manière asymptomatique. Dans de très rares cas, des nodules non douloureux ou des cas de dermatite peuvent survenir. L’espèce D. immitis requiert un diagnostic différentiel.
Résistance
Il n’existe pour ainsi dire aucune donnée concernant la résistance contre les anthelminthiques chez les endoparasites de petits animaux de compagnie. En cas d’usage d’anthelminthiques classiques chez les chiens et les chats, les stades parasitaires en dehors de l’hôte sont suffisamment nombreux pour pouvoir admettre que la part de la population parasite non soumise à la sélection de résistance reste suffisamment grande pour éviter l’apparition de résistance au sein de la population. Cependant, plus les traitements sont nombreux, plus le risque de résistance augmente. Dans les chenils, des analyses coproscopiques régulières permettent de contrôler l’efficacité des traitements.
Contrôle des parasites dans l'environnement
Les parasites présents dans les fèces des animaux infestés constituent une source de contamination pour les autres animaux et l’homme. La plupart des stades parasitaires dans l’environnement sont résistants aux influences extérieures et peuvent rester longtemps infectieux. Un certain nombre de parasites peuvent également apparaître chez les animaux sauvages tels que le renard ou les chats à l’état sauvage. Outre la vermifugation préventive des animaux de compagnie, quelques mesures peuvent aider à limiter au maximum la pression d’infection environnementale:
- élimination quotidienne des fèces (ou immédiatement si elles se trouvent sur la voie publique), ne pas les éliminer via les toilettes, ne pas les mettre au compost,
- faire déféquer les chats de préférence dans des bacs à chats, et éliminer les fèces et le matériel du bac avec les déchets ménagers,
- éviter autant que possible que les chiens ou les chats mangent des proies sauvages / des charognes,
- dans les chenils ou les asiles, les animaux nouvellement arrivés doivent être gardés en quarantaine et vermifugés dès leur arrivée,
- l’assèchement et les rayons UV sont néfastes pour les stades parasitaires dans l’environnement,
- les locaux peuvent être désinfectés après leur nettoyage.
Afin d’éviter la contamination de l’homme et surtout des enfants, les mesures suivantes devraient être observées:
- entraver l’accès des chats ou des chiens aux bacs à sable ou aux plaines de jeux,
- les enfants doivent se laver les mains après avoir joué à l’extérieur,
- ne pas consommer des fruits (des bois!) ou des légumes non lavés,
- éviter le contact direct avec des animaux sauvages (morts), surtout les renards.
Références
Brochier B, De Blander H, Hanosset R, Berkvens D, Losson B, Saegerman C. Echinococcus multilocularis and Toxocara canis in urban red foxes (Vulpes vulpes) in Brussels, Belgium. Prev Vet Med. 2007 Jun 15;80(1):65-73. Epub 2007 Feb 26.
Claerebout, E., et al., Giardia and other intestinal parasites in different dog populations in Northern Belgium. Vet. Parasitol. (2009), doi:10.1016/j.vetpar.2008.11.024 - Vet. Parasitol. 2009 April, 6 ; 161 (1-2) : 41-46
ESCCAP, European Scientific Counsel Coppanion Animal Parasites: Worm Control in Dogs and Cats, Guideline 1, Decmber 2006 (www.esccap.org)
Epe C, Pankow WR, Hackbarth H, Schnieder T, Stoye M. A study on the prevention of prenatal and galactogenic Toxocara canis infections in pups by treatment of infected bitches with ivermectin or doramectin. Appl Parasitol. 1995 May;36(2):115-23.
Hanosset R, Saegerman C, Adant S, Massart L, Losson B. Echinococcus multilocularis in Belgium: prevalence in red foxes (Vulpes vulpes) and in different species of potential intermediate hosts. Vet Parasitol. 2008 Feb 14;151(2-4):212-7.
Krämer F, Hammerstein R, Stoye M, Epe C. Investigations into the prevention of prenatal and lactogenic Toxocara canis infections in puppies by application of moxidectin to the pregnant dog. J Vet Med B Infect Dis Vet Public Health. 2006 Jun;53(5):218-23.
Losson B., Kervyn T., Detry J., Pastoret P-P., Mignon B., Brochier B. Prevalence of Echinococcus multilocularis in the red fox (Vulpes vulpes) in southern Belgium. Vet. Parasitol. 2003 Aug 5; 117: 23-28
Vervaeke M., Dorny P., Vercammen F., Geerts S., Brandt J., Van Den Berge K., Verhagen R. Echinococcus multilocularis (Cestoda, Taeniidae) in Red foxes (Vulpes vulpes) in northern Belgium. Vet. Parasitol. 2003 May 7, 115: 257-263
Vervaeke M, van der Giessen J, Brochier B, Losson B, Jordaens K, Verhagen R, Coulander Cde L, Teunis P. Spatial spreading of Echinococcus multilocularis in Red foxes (Vulpes vulpes) across nation borders in Western Europe. Prev Vet Med. 2006 Oct 17;76(3-4):137-50. Epub 2006 Jul 26.
